La ville contemporaine s’efface dans une palette de gris. Béton, verre, façades pâles : une architecture de la neutralité s’impose peu à peu, jusqu’à produire un paysage urbain uniforme où les bâtiments se confondent et où le regard glisse sans s’arrêter.
Pourtant, la couleur est ce qui permet à l’œil de distinguer, de reconnaître, de désirer. Dans la nature, elle déborde. Dans la ville, elle disparaît.
Cette série photographique est une tentative de résistance visuelle. En isolant, révélant ou réintroduisant la couleur dans l’architecture, je cherche à rompre cette monotonie et à fissurer l’anonymat du paysage urbain. La couleur devient alors un acte : elle découpe l’espace, réveille les formes et redonne à l’architecture une présence sensible.
Il s’agit, au fond, de réapprendre à voir la ville — et de lui rendre, par le regard, une part de poésie.







