L’Est lyonnais s’est construit dans le fracas de l’industrie. Au début du XXᵉ siècle, les usines de Vaulx-en-Velin et de Décines attirent une main-d’œuvre venue d’ailleurs : ouvriers italiens, réfugiés antifascistes, rescapés arméniens du génocide. Ces communautés déracinées façonnent des quartiers populaires où le travail, l’exil et la solidarité inventent une culture commune.
Un siècle plus tard, ce territoire est à nouveau en mutation. Le projet du Carré de Soie redessine le paysage : logements neufs, centres commerciaux, nouvelles infrastructures. Une autre ville émerge, plus lisse, plus rentable.
Cette série photographique s’inscrit dans cet intervalle fragile. Elle observe ce qui disparaît, ce qui résiste, ce qui se transforme. Derrière les façades rénovées, une question persiste : que reste-t-il de la mémoire ouvrière et migrante qui a construit ces lieux — et par quoi est-elle en train d’être remplacée ?













